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06/02/2012

Guéant : quand la fin justifie les bas moyens

Guéant ne reculera devant rien pour créer de la polémique autour de propos indignes volontairement sujets à la controverse. Nous y sommes, le fantassin Guéant nous ressort « la guerre des civilisations à la mode du 21ème siècle et à la sauce « café du commerce » . Le but de la manœuvre est aussi gros qu'une pastèque car il s'agit de mettre sur la table des idées xénophobes susceptibles d'agréger l'électorat du FN . D’ailleurs on ne doute pas qu'il soit mandaté pour cette  besogne peu glorieuse . caverne.jpegDes sujets comme la laïcité doivent être discutés de manière sereine en dehors du champ particulier de l’élection et avec l'ensemble des citoyens . Il s'agit de générer du dialogue et non de la haine. Personne ne remet en cause les bases du fonctionnement de la république. C'est une honte de galvauder des questions qui dépassent les partis à des fins électoralistes et en attisant les terrains d'affrontement . C'est une insulte à tous les citoyens et à la démocratie . Évidemment que les civilisations ne se valent pas puisqu'elles sont différentes . C'est d'ailleurs ce qui fait la richesse de l'humanité . D'abord de quelles civilisations parle t-il ? Comment ce sinistre provocateur est-il en capacité de mettre en place une échelle de mesure et de comparaison entre les civilisations ? La civilisation maya se situe t-elle en dessous de la civilisation romaine qui elle même est inférieure à la civilisation grecque ? Un homme est-il supérieur à un autre ? L'histoire aurait du nous garder du retour de ce type de thèses et des visions hiérarchiques du monde. Rappelons quand même à Monsieur Guéant, le grand évaluateur de civilisations, que celui qui divise ou qui désunit se dit en grec  « diabolos » . Puis renvoyons le à nos origines préhistoriques communes en faisant remarquer qu'opposer les uns aux autres et  faire battre pour essayer de gagner coûte que coûte ce n'est pas très civilisé .

16/10/2009

Plus de 100 milliards d'€ de déficit pour l'état

Tout va très bien Madame la Marquise

Le déficit vient de passer le cap record des 100 milliards d'euros. Cela ne s'était pas produit depuis 1945. Fin juillet le budget de l'état affichait un solde négatif de 109 milliards .Le déficit prévisionnel a été réévalué entre 125 et 130 milliards d'€ pour 2009. La crise est effectivement venue gréver les recettes fiscales mais le déficit était déjà très fortement engagé .Le déficit initialement prévu se portait à 59 milliards et aujourd'hui il atteint plus du double. Il a donc été sous estimé de plus de la moitié ! On est en droit de remettre en cause cette politique économique et de gestion. Le gouvernement ne peut pas à la fois faire des cadeaux fiscaux aux grandes fortunes et dans le même temps relancer la croissance car il n'en a plus les moyens. Aujourd'hui il prévoit de lancer un grand emprunt national . Dans le passé de grands emprunts ont été souscrits mais dans un objectif précis. Dans la situation actuelle où la stratégie économique est hasardeuse en plus d'être injuste , il est légitime de s'interroger sur le pourquoi et l'affectation de ces fonds qui vont de surcroit générer des frais financiers colossaux .

30/03/2009

Bonus des patrons : Le décret crocodile

A l'instar du crocodile qui comme chacun le sait a une « grande gueule » mais des «  petits bras », il en est malheureusement ainsi de  nombre de mesures médiadico gouvernementales ( sauf du paquet fiscal ça va de soit ). Comme à l'accoutumé la montagne a accouché d'un souriceau rachitique . La grande loi moralisatrice  extraordinaire d'encadrement des bonus et stock options  qui  a été annoncée à grands roulements de tambours se limite à un tout petit décret . Le grand boniment Sarkoziste  mis en scène pour contenir une colère justifiée face à la honte des rémunérations scandaleuses est à faire pâlir un arracheur de dents . « Celui qui a commencé par s'augmenter sur un yacht » a finalement opté pour un décret qui expire en 2010 plutôt qu'une loi qui aurait fixé des règles du jeu . ethique-62e8f-97935.jpgC'est donc un texte « peau de chagrin » qui limite seulement les rémunérations des dirigeants des entreprises bénéficiant d'une aide directe de l'état qui est présenté aujourd'hui. Nicolas Sarkozy  a fait l'impasse sur le vote d'une loi qui aurait intégré le fait que la rémunération doit correspondre à l'intérêt de l'entreprise. Ce qui signifie que seules un nombre  très limité d' entreprises sont concernées , que la question des parachutes dorés passe à la trappe puis que des aides publiques  directes et indirectes vont joyeusement continuer a être distribuées à des entreprises dont les dirigeants se gavent alors qu'ils licencient . Il ne s'agit pas de stigmatiser  les dirigeants d'entreprises mais d'encadrer les dérives d'un système dont on a bien vu les limites et ses effets dévastateurs. Rien de plus normal que les aides directes ou indirectes publiques  soient conditionnées par le respect de règles du jeu notamment par l'encadrement des rémunérations des dirigeants et de la distribution des dividendes en fonction de l'intérêt général  . Lorsque ce n'est pas le cas comme aujourd'hui,  cela revient  à la légalisation du  détournement d'argent public sur fond d'abus de biens sociaux .Si notre « grand réformateur autoproclamé » a beaucoup de propension à minimiser l'ardoise fiscale des assujettis à l'ISF, il a décidément plus de mal à éradiquer les goldens parachutes. Pourtant face à la crise , il paraît évident qu'il y a nécessité de définir à nouveau des règles du jeu. La question de la répartition des salaires et de la dérive des rémunérations est un sujet qui mérite d'être traité en profondeur. La méthode Sarkozy consiste a mettre en exergue  un problème sous les feux de la rampe puis a effleurer son traitement. Sauf que comme il n'y a pas de demi crise, une politique efficiente ne saurait se satisfaire de demi mesures.

Dessin d’actu de Florian Roulies