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02/10/2014

La Mairie de Béziers descend la culture

Mise à mort des festivals "Festà d'Oc" et "Swing les pieds dans l'Orb"

Ça « blouse » sur un rythme d'extrême droite

Béziers n’a pas fini d'avoir la gueule de bois . La nouvelle municipalité « blouse » mais ne swingue pas, elle « blasonne » mais elle ne soutient pas la culture occitane . Toutes les municipalités dirigées par l'extrême droite ont toujours mis à mal la culture pour la remplacer par des fables identitaires . A Cogolin , le maire FN vient de de refuser la tenue d'un spectacle de danse orientale car il préfère les fifres. Ce qui n'est pas du tout incompatible car on peut aimer les deux et s'en trouver enrichi. A Hayange, un autre Maire FN a fait repeindre une œuvre d'art en bleu piscine par les services municipaux car la couleur ne lui plaisait pas. A Béziers Robert Ménard , proche du FN organise une messe municipale dans les arènes aux accents aussi locaux que la soupe au pistou à New York mais  annule les "Festà d'Oc" de Béziers, la Cathare et le festival "swing les pieds dans l'Orb "qui se tenait au pied du pont historique .

Table rase au lieu de table ronde

Pourtant la culture occitane est fortement présente à Béziers . Le Cirdoc , centre ressource de la langue et de la culture occitane de renommée internationale, soutenu par la Région Languedoc Roussillon y est d'ailleurs implanté. Si le festival tel qu'il était conçu pouvait évoluer vers plus de mise valeur des richesses de la culture occitane , il aurait été préférable d’engager un dialogue avec les associations et les partenaires au lieu d'une décision arbitraire de suppression . Le festival de swing les pieds dans l'Orb était quant à lui le fruit d'une dynamique extraordinaire des associations du quartier du Faubourg qui avaient réussi le tour de force de mettre en place un festival de haut niveau fréquenté à la fois par les habitants du quartier , tous les biterrois , des connaisseurs venus de toute part , de la région et d'ailleurs , des vacanciers . Tout simplement une magnifique réussite . Durant quatre ans , des artistes prestigieux comme Sansévérino, Al Di Méola, Michel Jonasz et d'autres musiciens talentueux ont fait vibrer un public dans un décors somptueux , au pied du pont vieux, avec en toile de fond la vue magique de Béziers coté Orb . La culture c'est cela , c'est le mélange de toutes les populations ,jeunes moins jeunes, de toutes origines, c'est le brassage , c'est l'expression, c'est la communication , c'est la découverte, c'est la création . Le festival les pieds dans l'Orb c'était tout cela et plus encore . C'était l’œuvre collective de passionnés de leur quartier autour d'un événement de qualité qui réunissait tout le monde, créait des liens et mettait en valeur le quartier et la ville .

On a plus qu'à aller se coucher 

Pour justifier des choix arbitraires , une ligne de rupture et de « fractionnement » , l'adjointe au Maire en charge de la culture s'appuie sur une étude de la CCI qui aurait mis en avant un besoin de plus d'animation en journée. Cette étude ne peut être sortie du contexte. il s'agit d'une approche complémentaire et non d'une opposition . La valorisation du patrimoine , les événements culturels de différentes durées ou permanents sont effectivement des facteurs d'attractivité dans un schéma de cohérence globale et de mise en tourisme . Aucune confusion entre culture et animation commerciale .Le fond du problème  est que l'extrême droite ne considère pas la culture comme un moyen d'expression au service du « vivre ensemble » mais comme un élément d'affirmation de critères subjectifs qui forgeraient une indenté et exclurait ceux qui n'y correspondent pas . L'opposition à la notion de « mufti-cuturalité » est un des fer de lance du FN. Il y a également la fameuse lutte contre « la pensée unique» . La « pensée unique » c'est la pensée républicaine laïque , la solidarité , l'équité, le progrès social . La « pensée pas unique » c'est le droit de stigmatiser et de déblatérer des théories douteuses parfois réprimandées par la loi comme par exemple les propos racistes et discriminants. Les prétendus militants des libertés qui prônent ce type de théories ne sont pas porteurs de liberté d’expression mais des messagers de la discorde. A Béziers cette conception fallacieuse de la « libre pensée » se traduit par la mise en place de conférences municipales . La ville aura donc le plaisir d'accueillir des polémistes nationaux qui viendront tour à tour faire l’article , pub et salle gratuite aux frais du contribuable. Le « spectacle » sera joué sur une scène biterroise ultra médiatisée digne d'un nouveau concept du style «  On a plus qu'à aller se coucher » . Comme si on avait pas assez de polémiticiens locaux pour que la vile soit le terrain de villégiature de tous les controverseurs identitaires de France et de Navarre . Le maire a t-il l'ambition de faire de Béziers une scène nationale du genre ou de lancer un festival international ? Il y a des notoriétés médiatiques dont la ville se passerait bien . Sur l'échelle de la culture on est très loin du premier barreau. Vu la ligne directrice qui semble être suivie, on peut aussi quand même se permettre d’émettre des réserves sur les motivations réelles de «il faut  sauver la librairie Clareton » et de l'investissement municipal.

Vivement demain

A Béziers d’aujourd’hui l'expression de la culture locale s’arrête la ou la culture « low coast » des coucous du « vu à la télé » fait son nid ,à Béziers d'aujourdh'hui  le troubadour occitan tait son poème pendant que l'orchestre multicolore « blouse » son swing . Vivement demain.

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23/09/2014

Des loups déguisés en agneaux sont-ils rentrés dans Béziers ?

Robert Ménard vient de faire l’annonce de la création d'une « mutuelle sociale » à Béziers (Midi Libre 22/09/2013- Ménard crée une mutuelle pour les Biterrois). Ce dont il se déclare assez fier . Comme toujours , il est utile de décoder les effets d'annonces d'un maire « polémiticien »santé.jpeg qui donne souvent l’impression d'avoir conquis l’Everest en solitaire lorsqu'il franchit un dos d'âne sur une route départementale . Pour le coup, Il s'agit en réalité d'une offre de « complémentaire santé » qui s'adresse exclusivement aux Biterrois via un contrat collectif spécifique d'une société de courtage en assurance .

Une « mutuelle municipale » qui ressemblerait presque à l'initiative de Caumont -sur- Durance

Depuis septembre 2013 la commune de Caumont-sur-Durance (Vaucluse) expérimente une « mutuelle de village » , qu'elle a créé en réponse à des difficultés d’accès à une couverture santé complémentaire des personnes qui ne bénéficient pas de la CMU ( cf. observatoire des inégalités: une couverture santé à deux vitesses)  . Le principe repose sur l'obtention de conditions tarifaires négociées et exclusives pour ses administrés . Cette initiative a permis de proposer un contrat collectif, au tarif modique de 47 € par mois , quelque soit l'âge et la situation de santé . 243 habitants y ont dores et déjà adhéré dès 2013 . Seul point d' incertitude pour l'avenir , l'obligation faite à toutes les entreprises , à partir de 2016, de proposer une mutuelle à leurs salariés entraînera mécaniquement une évolution de la mutualisation du risque et du potentiel de souscripteurs . Malgré ce, le principe qui peut s'étendre à d’autres domaines, demeure très pertinent . On pourrait donc presque se réjouir que le nouveau Maire de Béziers s'inspire d'une bonne pratique expérimentale si la différence majeure ne résidait dans le processus qui conduit à l'offre . Un contrat collectif est peut être intéressant pour le client car il bénéficie d'un tarif groupe, mais c'est aussi intéressant pour l’assureur qui bénéficie d'une manne de clientèle et d'une caution de la ville . Il est donc fondé d'y regarder d'un peu plus prés pour voir si quelques raccourcis ne cachent pas la forêt. 

Une démarche opaque sans mise en concurrence

En pratique, la structuration d'une offre d'intérêt collectif s'appuie sur 4 fondamentaux  : repérage et analyse d'un besoin collectif , définition de l'offre , mise en concurrence de prestataires, sélection. C'est pourquoi l'élue municipale aux affaires sociales à l'initiative de la démarche à Caumont -sur-Durance a fait le choix d'une approche citoyenne participative concertée et d'une méthodologie rationnelle  : consultation des habitants , mise en place d'un comité de pilotage et de sélection composé d'élus, de référents techniques et de citoyens. A contrario, l'offre qui vient d'éclore à Béziers a germé « hors sol  ». Vraisemblablement de cartons de promesses de campagne ou de contacts personnels préalables , sans tenir compte de la demande , sans procédure de concertation et surtout sans véritable appel à la concurrence . A priori pas d’obligation car seul les marchés publics sont soumis à des règles strictes. L'offre de service négociée par une collectivité à un tiers pour sa population n'est pas encore encadrée. Des arbitrages jurisprudentiels pourraient toutefois bien intervenir tôt ou tard. Même sans lien contractuel vu l’implication directe et indirecte de la collectivité publique, la transparence et le respect de règles concurrentielles paraîtraient logiques . A Béziers, l'opacité du processus interroge. Seule une communication du Maire a été effectuée lors du conseil municipal extraordinaire  du 10 juillet 2014 . D'ailleurs, pour l’instant les modalités du contrat collectif de la fameuse « mutuelle municipale » dite très attractive n'ont pas été rendus publics . Le fonctionnement et la finalité de la structure dédiée «  mon Béziers ma santé » inaugurée vendredi 19 septembre sont également un mystère . Enfin on ne sait pas non plus quels sont les autres produits, présentés comme plus lucratifs, qui seront proposés aux biterrois . Seule certitude « Traditia » société de courtage en assurance et gestion de patrimoine est le partenaire privé de cette opération .

Le choix arbitraire de Traditia

Quand on connaît les orientations et les accointances traditionalistes de Robert Ménard on ne peut qu'avoir la curiosité de se renseigner sur le prestataire arbitrairement retenu . Surtout quand le nom de la société en question est aussi évocateur que Traditia . Si un positionnement sur des valeurs traditionnelles paraît bien présent, il est surtout question de valeurs patrimoniales , financières et immobilières . Traditia est un groupe bordelais de courtage et conseil en gestion de patrimoine classique composé de plusieurs SARL dont le portefeuille d'activité va de l'assurance tout azimuts à l'immobilier , en passant par l'optimisation fiscale et les produits d'investissement . Il comporte même un secteur  courses hippiques qui a d'ailleurs accusé un déficit de 232 601 € en 2013 . On ne s'éloigne pas non plus trop de l’esprit « messe municipale. » car Traditia est aussi spécialisé dans les associations cultuelles via son département "associations et congrégations ». Enfin , fait du hasard, le gérant  Philippe Le Gouz de Saint Seines est issu de la noblesse tout comme Jacques-Henri de Rohan Chabot , le nouveau chef de cabinet de Robert Ménard  qui a remplacé Christophe Pacotte, peu enclin à délaisser son affichage identitaire. Pourquoi le choix d'une PME locale bordelaise  qui a moins d'une dizaine d'années d'existence ? Quel avantage pour les Biterrois ? N'existait-il pas de société en capacité de faire une proposition adaptée à Béziers ou en région  ?

Une ville à vendre pour une bouchée de pain

A défaut de titre ou blason mis à part celui de Béziers qu'il a rétablit illico presto avec ses fleurs de lys et tout le bataclan ,  Robert Ménard n'a pas de titre de noblesse mais il détient aujourd’hui les clefs de la ville . Élu avec le soutien du FN et des identitaires sur les thèmes classiques béziers,ménard,mutuelle,traditia,ps béziers,santéde la droite nationaliste , il a aussi surjoué la déqualification de la ville et sa capacité personnelle a redonner à Béziers son lustre d'antan. Problème majeur les caisses municipales sont sèches comme un champ de pierres de lune. Les marges de manœuvre sont très réduites. Il a donc besoin de partenaires financiers. Il a souvent évoqué son carnet d'adresse. Avait-il déjà des contacts ? des engagements ? Au delà de l’enfumage médiatique tragi comique du maire , on peut commencer à entrevoir des stratégies avec toutes les questions que cela peut poser .

Quand on sait que Béziers a un des patrimoines le moins cher de France on peut supposer qu'il y a aussi des enjeux immobiliers et des partenariats qui pourraient dépasser le cadre de la mutualisation santé .La ville est à vendre pour une bouchée de pain . Des loups déguisés en agneau sont-ils rentrés dans Béziers ?

20/08/2014

Ménard confond messe et kermesse et se fait remettre à sa place par l'archiprêtre de Béziers

Dans un entretien  relaté par Midi libre Robert Ménard se félicitait d'avoir «  démocratisé la messe » à l'occasion de la Féria . Or comme nous l'avions évoqué , les autorités catholiques biterroises , très réservées sur cette « messe spectacle » , ne s'y étaient pas associé . Il n'en a pas fallu plus pour que le calice déborde, et que le Père Luc Jourdan , Archiprêtre de la cathédrale St Nazaire de Béziers, jusqu'alors discret, donne sont point de vue sur la question ( Midi Libre du 20/08/2014 – « L'archiprêtre de béziers réagit aux propos de Robert Ménard sur la Messe » )

Une remise en place en bonne et due forme

C'est dans des termes très explicites que le Père Luc Jourdan a exprimé ses positions  :

" Je ne pense pas que les citoyens de Béziers, catholiques compris, attendent de leur nouveau maire “une démocratisation de la messe”."  "Que chacun veille à respecter son domaine" . "Le culte catholique ne doit pas être instrumentalisé"

Les choses ont le mérite d'être claires. Pour l'archiprêtre de Béziers le Maire a outrepassé ses fonctions. Il n'est pas à sa place en tant que Maire et n'a pas jusqu'à preuve du contraire une quelconque légitimité en matière de culte .

Un maire dans la toute puissancemesse .jpeg

Qu'un élu de la république s’enorgueillisse de « la démocratisation de la messe » est déjà une ineptie contraire à tous les principes républicains et de laïcité , qu'il s’octroie le droit de s'immiscer dans les affaires religieuses en est une autre . Théoriquement la neutralité de l'état comme l'indépendance des cultes sont garanties par la loi de 1905 . « Celui qui a un avis sur tout » a tenu malgré tout à imposer sa grand messe publique en lieu et place de la traditionnelle cérémonie religieuse intime qu'il jugeait « VIP ». Sauf que sa conception de l'instrumentalisation de la religion et de la spiritualité n'est visiblement pas partagée par ceux qui en ont légitimement la charge. Hormis le fait qu'il n'a pas encore été ordonné « Évêque de Béziers » , Il lui aura sûrement échappé que la corrida a un aspect controversé y compris sur le plan symbolique . Communion et communication ne font pas toujours bon ménage. A moins qu'il n'envisage de créer une église « Bitéricane » inféodée à son endroit , il devra en tenir compte dans ses futurs plans associant les cieux à ses desseins.

La confusion identitaire permanente

Quand il évoque « la démocratisation de la messe » , le Maire de Béziers confond avec vulgarisation . En instaurant une messe comme un spectacle public de bonne place entre chevaux , taureaux et apéro, il n’y avait qu'une seule volonté , celle d’imposer un culte dominant conforme à sa conception de la primauté des « valeurs chrétiennes de l'occident » et bien sur de promouvoir l'idéologie identitaire correspondante . Donc rien de bien démocratique d'un point de vue républicain , religieusement pas très respectueux et surtout très discriminant . Il faut dire que , dans le même registre , la réalité de ce qui a été donné a voir dans «  Béziers retrouve sa féria » s'est avéré la encore beaucoup plus populiste que populaire. Vu l’annonce démagogique on aurait pu espérer mieux que des caricatures burlesques de représentations stéréotypées qui ne correspondent en rien la vraie richesse de la culture biterroise. Finalement , une charrette vaguement Sévillanne trimbalant Miss Béziers , deux ou trois bandas , quelques chevaux , une mise en scène pompeuse de célébrités locales et « une messe municipale » ont fait l'affaire . Bref rien de très traditionnel mis à part un hold-up sur de fausses vraies traditions, une culture imaginée par un « publicitaïre  » et aussi une baisse de fréquentation consternante que l'on se gardera bien d'avouer.

A la messe comme à la ville l'important c'est le show

Rien à dire même si tout ce qui brille n'est pas or. Professionnel des médias, le nouveau Maire de Béziers attiré par les projecteurs plus que par les lumières maîtrise et applique les techniques de communication à la lettre. On aura jamais autant parlé de Béziers dans des termes dont on se serait bien passé . Pour l’instant la stratégie « polémiticienne » a fonctionné , l'illusion de l’emballage. A la messe comme à la ville l'important c'est le show. Reste la vraie vie des biterrois, leurs difficultés , l'emploi, le droit de tous les citoyens d'exister et de vivre, le quotidien . Pas gagné . Béziers vaut plus qu'une messe théâtralisée , pour autant que visiblement pour Robert Ménard, les chemins de l'humilité et de la compassion demeurent encore un mystère .